Après 4 ans d'attente, les élections thaïlandaises approchent !

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Par Odasie
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Les élections thaïlandaises 

En Thaïlande, un des évènements les plus marquants de l’année 2019 est à venir !

 

Le pays du sourire va vivre ses premières élections depuis plus de 4 ans !

 

Depuis le 22 mai 2014, jour où a lieu le coup d’état conduit par Prayuth Chan-Ocha, la junte militaire est au pouvoir dans le pays. Après de nombreuses années de domination politique par le Puea Thai qui a remporté toutes les élections nationales depuis 2001, un sentiment de crainte règne du côté des militaires qui ne souhaitent pas revoir la famille Shinawatra reprendre le pouvoir.

 

Manifestation demandant au gouvernement de ne plus retarder les élections de début janvier - Photo Reuters

En décembre 2018, après plusieurs dates évoquées et repoussées, le gouvernement militaire a décidé de lever l’interdiction de mener campagne. Ce changement concernant la mise en place des élections annonça le rapprochement de la date fatidique pour les thaïlandais. 

Par conséquent, en seulement quelques mois, de nombreux partis ont vu le jour et de nouveaux candidats se sont enregistrés pour se présenter au-devant de la scène politique thaïlandaise. 
Des partis politiques tels que le parti démocratique du Siam et le parti pour l’unité de la Thaïlande sont apparus. Début février, on recensait déjà plus de 6400 personnes venant de 60 partis politiques différents. La Thaïlande étant dans un système parlementaire, les électeurs votent pour les députés, qui éliront à leur tour le Premier ministre, qui sera ensuite officiellement approuvé par le roi.

Tout d’abord annoncées pour fin février 2019, les élections ont été, une fois de plus, repoussées au 24 mars 2019.

 

Princesse Ubolratana Mahidol, sœur ainée du roi Rama X - Photo AFP

Plus récemment, début février, une nouvelle a étonnée tout le pays. Le parti du Thai Raksa Chart, remplaçant du Puea Thai et opposant du parti militaire en place, a annoncé la candidature de la sœur du roi, la Princesse Ubolratana pour le poste de Première ministre. Habituellement, la monarchie se tient en retrait de la vie politique et n’intervient qu’en cas de grave conflits. Or, cette révélation a fait beaucoup de bruit, suite à quoi le roi s’est fermement opposé à cet engagement politique dans un communiqué officiel.

Ainsi, en l’espace de 24h, la princesse a dû quitter la scène politique, car même si elle a renoncé à ses prérogatives royales, elle reste un membre de la famille royale par tradition. C’est pourquoi sa candidature a été déclinée par la commission électorale, qui ne s’est pas opposé à la volonté du roi. 

 

Prayuth Chan-Ocha, chef de la junte militaire - Photo NARONG SANGNAK / EPA / MAXPPP


En réponse à ces évènements, Prayuth Chan-Ocha, le chef de la junte, a déclaré dans un communiqué qu’il accepterait volontiers l’invitation du parti Phalang Pracharat (Pro-militaire) de devenir Premier ministre en cas de victoire aux législatives.

 Jeudi 7 mars, le parti Thai Raksa Chart, qui avait évoqué la candidature de la sœur du roi au poste de Première ministre, a été dissout par la Cour constitutionnelle à seulement quelques jours des élections. Insistant sur la perte de neutralité de la famille royale en cas d’investiture d’un membre royal en politique, la Cour a estimé cet acte comme « hostile envers la monarchie constitutionnelle ».

Pour conséquence, les responsables du parti concerné ont l’interdiction de créer des partis politiques pendant une période de dix ans.
Cette annonce va inévitablement impacter les prochaines législatives et renforcer la division qui perdure déjà entre les ultra-royalistes "jaunes" et les "rouges" soutenant Thaksin Shinawatra.


A l’issue de ces évènements, le chef de la junte, Prayuth Chan-Ocha, se retrouve donc sans véritable concurrent de taille face à lui, ce qui remet sur le devant de la scène l’enjeu de ces élections.